Félix ARNAUDIN ? Jean RAMEAU ? Vous avez sans doute vu rues et parcs portant leur nom. Mais qui sont-ils ? Découvrez ces deux écrivains landais et leur oeuvre. Portrait.
Avant d’être écrivains, nos deux compères sont avant tout de vrais Landais : l’un, Félix ARNAUDIN, naît à Labouheyre dans la Grande Lande en 1844 sous le nom de Simon ARNAUDIN, l’autre, Laurent LABAIGT (vrai patronyme de Jean RAMEAU) voit le jour en Chalosse - à Gaas - en 1858. 14 ans les séparent.
Issus tous les deux d’une famille de propriétaires terriens, leurs routes divergent rapidement : Félix part au collège de Mont de Marsan, alors que Jean vole très vite vers Bordeaux, puis Paris pour y suivre des études, travailler dans la publicité et faire ses premières armes littéraires. Félix, quant à lui, sans emploi durable, vit du revenu de quelques métairies.
Une différence : l’œuvre littéraire publiée
Si toute sa vie, Félix parcourt la Grande Lande, de long en large, à pied ou bicyclette, de jour comme de nuit, c’est pour être le témoin privilégié du bouleversement occasionné par le souhait de Napoléon III de faire des Landes la plus grande forêt cultivée d’Europe.
Avec méthodologie (questionnaires, enquêtes terrain, fiches et reportages photo), il étudie au travers des traditions populaires cette mutation économique et sociale, ce passage d’un monde agricole et pastoral à un monde industriel. Il écrit : « il n’y a pas de pays, qui en France, ait été plus dédaigné, on faisait plus que le dédaigner : on l’ignorait ! ».
Il publie
3 œuvres majeures Contes populaires de la Grande Lande (1887), puis
Chants populaires de la Grande Lande (1912) et enfin
Choses de la Grande Lande (1919). Le tout en gascon.
Jean, qui se décrit comme « le fils spirituel de Victor HUGO » est plus prolixe : 60 romans dont
Moune,
La Montagne d’Or ou
Tendre Folie, 5000 contes, poèmes (
La Chanson,
La Lyre Haute) ou critiques littéraires.
Ce membre du Club des Hydropathes (ceux que l’eau rend malades !) connait un réel succès jusque dans les années 1920.
Un point commun : la photographie
Véritables touche-à-tout (archéologue, linguiste, ethnographe pour l’un ou même sculpteur pour l’autre), ces deux là partagent un vrai point commun :
la photographie.
Et leurs modèles, ils les ont tous les deux à portée d’objectif : paysages, habitats, bergers, paysans landais mais aussi familles, amis ou domestiques. Félix aime, par-dessus tout, photographier ce « cher désert grand-landais » qui fait partie des quelques 2 700 plaques de verre conservées au
Musée d’Aquitaine à BORDEAUX. Jean se met lui-même souvent en scène avec son béret blanc !
Leurs deux noms sont associés pourtant sur un numéro unique d’une revue « Noël de Gascogne – Revue de la Terre Maternelle ». Jean y écrit un texte patriotique en vers
Ballade des Shrapnels, aux côtés des écrits de Félix, d’Isidore SALLES, de Serge BARRANX ou de Paul MARGUERITTE, autres poètes et
écrivains landais.
Une longévité bien landaise : 77 ans et 84 ans
 | Attachés à leur pays, Félix et Jean meurent tous d’eux dans les Landes, l’un à Labouheyre (en 1921), l’autre à Cauneille (en 1942). La maison natale de Félix est devenue la Maison de la Photographie des Landes qui dédie chaque année une exposition à son œuvre. A Cauneille, Jean repose près de sa demeure Lou Pourtaou à laquelle il consacra 20 ans de sa vie et ses talents de sculpteur. Ultime point commun pour ces deux écrivains landais à découvrir.
(CDT des Landes - 26/12/2011)
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